Article hebdomadaire : Dr Bahaa Helmy écrit : les événements de Minya, entre idéologie de la violence et autorité de l'État

Les événements de Minya, entre idéologie de la violence et autorité de l'État, Dr Bahaa Helmy écrit Il semble que la bannière noire s'étende pour planer sur les districts et les villages du gouvernorat de Minya, en signe de deuil et d'affliction face au traitement coercitif et arbitraire que subissent certains habitants, des Égyptiens chrétiens, et à la violation des principes constitutionnels – en particulier tout ce qui touche à la protection des droits de l'homme et de la citoyenneté – par certains tenants d'une pensée extrémiste qui ont le pouvoir de mobiliser et d'orienter les gens pour défiler dans des marches et des manifestations non pacifiques afin d'agresser d'autres personnes, sans aucune autorité légale, en défiant l'autorité de l'État et sa Constitution. La pensée de la bannière noire plane aussi sur de nombreux esprits dans tout le gouvernorat de Minya – que l'on appelait autrefois la fiancée de la Haute-Égypte – augmentant le nombre de ceux qui adoptent les idées terroristes et la haine, ainsi que de nombreux suiveurs qui n'ont pas eu la chance de recevoir une part de culture ni de connaître les valeurs humaines les plus simples sur la manière de traiter leurs partenaires dans la nation. Les districts et les villages du gouvernorat de Minya ont un long passé d'incidents confessionnels, ou plutôt d'actes terroristes, ayant produit de nombreux chefs de file de la pensée extrémiste aux niveaux local et international, et ils sont considérés comme un foyer d'extrémisme et de violence. La bonne terre de Minya a été le théâtre des pires attentats terroristes visant les Égyptiens et les institutions de l'État dans les années 1980 et 1990, ce qui a conduit certains à la surnommer la capitale de l'extrémisme, en tant que bastion des groupes islamiques et centre d'exportation de l'extrémisme avec le soutien des Frères musulmans, l'organisation mère. Cette période a vu l'assaut contre la direction de la sécurité d'Assiout, l'assassinat du président Sadate, et des attaques contre les membres des forces de sécurité, les touristes et les Égyptiens chrétiens – pillage de leurs biens, incendie de leurs maisons, déplacements forcés et terreur, et mise en place de tribunaux de la charia – avant que l'État ne parvienne à imposer son contrôle sécuritaire sur ces régions. Il semble que les scènes de meurtres et d'incendies, de citoyens chassés de leurs maisons incendiées après avoir été pillées, empêchés de prier que ce soit dans une église, dans la rue ou chez eux, et de démolition de maisons soupçonnées d'être des églises – scènes dont le monde entier a été témoin sous le règne de l'État islamique (Daech) dans certaines régions d'Irak et de Syrie, et qui se produisent aujourd'hui dans le gouvernorat de Minya – ne sont que les mêmes scénarios des idées extrémistes propagées depuis longtemps dans les villages du gouvernorat de Minya. Les tenants de cette pensée continuent d'inventer et d'imaginer de nouveaux moyens de violence et de châtiment collectif, de déshabiller et d'agresser sexuellement les femmes, sans traitement ni riposte globale. La question se pose alors du sens de l'autorité de l'État, de la primauté du droit et de la persécution. Laisserons-nous la pensée qui coupe les têtes, plutôt que celle qui plante des roses et l'espoir de vivre, s'enraciner indéfiniment dans les esprits ? L'État se situe au-dessus des individus en vertu de la puissance publique qui lui est conférée et des différents services dont il est doté pour garantir la sécurité et la sûreté de la société, afin d'assurer sa survie et sa continuité. Dans un État de droit, aucun abus ne sera toléré, et aucun individu ni aucun groupe ne pourra discriminer, dominer ou imposer la loi du plus fort à un citoyen ou à un résident du pays, car dans un État démocratique la justice dispose d'une autorité et d'une puissance qui placent chacun sous l'empire de la loi, et il ne sera pas permis de terroriser les citoyens ni de les chasser de leurs maisons. Si le progrès et l'avancée des États démocratiques se mesurent au respect de la loi, l'efficacité des services de sécurité se mesure à leur intégrité, à leur impartialité et à leur capacité à changer de politique et à traiter de tels événements comme le prévoit la loi, sans compromis, sans pressions ni séances de conciliation coutumière. Les mesures que prend l'État pour ancrer la primauté du droit face à l'idéologie de la violence enracinée dans certaines de ses régions se mesureront aussi à sa capacité à fonder un État démocratique moderne. Beaucoup parlent de stratégies de lutte contre le terrorisme et l'idéologie de la violence et de l'extrémisme, et d'études sur ses causes, et se demandent si un environnement d'ignorance, de pauvreté et de maladie, et la faiblesse de l'institution religieuse, constituent un terreau fertile pour la diffusion de la pensée extrémiste. Pourquoi les auteurs de ces actes n'ont-ils pas été jugés devant les cours suprêmes de sûreté de l'État d'exception, compétentes pour connaître des infractions relevant de la loi antiterroriste, des infractions à la loi sur les manifestations et de toute infraction prévue par le Code pénal qui menace l'unité nationale et l'ordre public ou propage des idées extrémistes dans le but de semer la discorde – d'autant que l'ensemble du pays est soumis à l'état d'urgence pour 3 mois depuis la mi-juillet 2018 ?
