Dr Bahaa Helmy écrit : divergences et points communs entre les candidats à la présidence américaine

La compétition s'intensifie entre Donald Trump, candidat républicain présumé à l'élection présidentielle américaine, et Hillary Clinton, candidate du Parti démocrate, toujours concurrencée par Bernie Sanders, du même parti.
Malgré les grandes différences entre Hillary Clinton et Trump dans leur manière de mener campagne, et l'opposition entre leurs déclarations, dont certaines frôlent l'extrémisme, ils s'accordent sur l'importance du soutien à Israël.
D'un côté, les déclarations de Trump sont hostiles aux musulmans, et il affirme qu'il les empêchera d'entrer en Amérique, alors même que l'agence Associated Press a révélé ses investissements dans quatre sociétés pour construire un hôtel à Djeddah, en Arabie saoudite.
Il affiche aussi son opposition aux immigrés, qu'ils viennent du Mexique ou d'ailleurs, et ses projets de construire un mur de séparation, d'expulser les immigrés et de supprimer l'octroi de la nationalité aux enfants nés en Amérique, etc. Ces déclarations suscitent de nombreuses critiques : certains les ont qualifiées de folles, d'autres de film de cinéma.
Hillary Clinton, la candidate démocrate qui rêve de devenir la première femme à accéder à la présidence des États-Unis, se distingue par son recours à la diplomatie, fort de l'expérience acquise aux côtés de Clinton pendant sa présidence et comme secrétaire d'État, donnant à sa campagne une tonalité diplomatique et politique tout en critiquant l'autre candidat et en retournant contre lui certaines de ses déclarations extrêmes.
Elle cherche à gagner les voix des Afro-Américains, ainsi que celles des électeurs noirs, et attaque vivement Trump sur ses politiques, ses idées et son parcours, contraires aux idées et aux politiques de son Parti démocrate.
Dans ce contexte, Obama s'est moqué de la personnalité de Trump et de ses investissements dans l'immobilier, les casinos, les terrains de golf, les lieux de divertissement et les concours, en particulier les concours de beauté.
Toutefois, les candidats s'accordent sur deux points essentiels. Le premier : placer l'État d'Israël et son soutien en tête des priorités, chacun l'exprimant à sa manière.
Lorsqu'il s'agit d'Israël, Trump revendique sa fierté de ses origines juives et son parti pris pour ce pays, se considère comme l'un des grands soutiens d'Israël aux États-Unis, affirme avoir été à la tête du défilé « Salute to Israel » en 2004, soutient constamment Netanyahou, a qualifié Israël de « phare de l'espoir américain au Moyen-Orient », a estimé qu'Israël court un grand danger à cause de l'accord nucléaire avec l'Iran, et s'engage à garantir qu'Israël reste en très bonne forme pour les siècles des siècles.
Clinton, quant à elle, affirme qu'une Amérique forte et capable est là pour assurer la sécurité d'Israël, et qu'il sera fait usage de la force si l'Iran représente une menace pour Israël ; elle a réitéré son soutien à une solution du problème palestinien fondée sur deux États, et condamne l'antisémitisme et toutes les formes d'intolérance dans nos sociétés, etc.
Le second point : les candidats sont proches en âge, tous trois étant d'un âge avancé : Hillary a 68 ans, son rival républicain Trump 69 ans, et le second candidat démocrate, Bernie Sanders, 74 ans. Voilà qui surprend : alors que l'administration américaine s'attache à soutenir les jeunes et les organisations de la société civile dans les différents pays du monde, nous ne voyons aucun signe d'un même intérêt pour le soutien à la jeunesse américaine, du moins dans cette élection.
Sans chercher à évaluer ou à prédire qui remportera cette élection, surtout après le soutien des fabricants d'armes à la campagne de Trump, nous affirmons qu'il n'y aura aucun changement dans la substance ni dans les objectifs stratégiques de l'Amérique, quel que soit le vainqueur ; la différence réside dans les politiques et les scénarios de mise en œuvre de ce qui a été planifié.
Ce n'est pas nouveau : Israël est toujours le point d'équilibre des élections et des politiques américaines, et nous devons réévaluer notre position à la lumière des nouvelles réalités régionales et internationales et des multiples alliances, afin d'agir selon les exigences des intérêts nationaux supérieurs du pays.
