Dr Bahaa Helmy
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Dr Bahaa Helmy écrit : L'immolation des jeunes filles… une tache de honte sur le front de l'organisation onusienne et des droits de l'homme

Dr Bahaa Helmy écrit : L'immolation des jeunes filles… une tache de honte sur le front de l'organisation onusienne et des droits de l'homme

Le 10/6/2016 L'immolation des jeunes filles… une tache de honte sur le front de l'organisation onusienne et des droits de l'hommeDr Bahaa Helmy bahaabb@hotmail. com Le monde observe chaque année, le 19 juin, la Journée internationale pour l'élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, et ce, au moment même où l'on annonce que Daech a brûlé des dizaines de jeunes filles dans la ville de Mossoul, en Irak, parce qu'elles refusaient l'esclavage sexuel. Les victimes, que Daech avait réduites à l'état de concubines pour en faire des esclaves sexuelles, ont été placées dans des cages de fer et brûlées jusqu'à la mort devant des centaines de personnes. Et ce n'est pas le premier incident ni le premier fait où des enfants, des jeunes filles ou des femmes captives sont vendues ou tuées. Ils avaient déjà détenu et violé de nombreuses jeunes filles dont l'âge ne dépassait pas huit ans, et beaucoup d'entre elles ont été tuées par balle, soit pour s'en débarrasser, soit pour empêcher leur fuite. Le feu, l'égorgement et la noyade figurent parmi les modes d'exécution adoptés par Daech contre quiconque désobéit à un ordre ou tente de lui porter atteinte ; le mode de mise à mort est fixé en fonction de la gravité du crime commis par les « ennemis de Dieu » selon leur croyance. Les scènes d'immolation et les langues de feu sont les plus atroces, reflétant à quel point ils sont dépouillés de toute humanité et se délectent en voyant les victimes hurler sous les flammes qui dévorent leurs corps. Le recours de Daech au feu n'est pas seulement un moyen de tuer et d'humilier l'humanité ; il vise aussi à terroriser et à semer un climat de peur dans l'esprit des habitants qui vivent dans les zones soumises à son contrôle. Il constitue également une manifestation de vengeance et une forme de torture employée de manière systématique pour détruire le tissu social dans les régions dont s'emparent les groupes violents et extrémistes dans les zones de conflit. Les opérations d'incendie ont commencé par les livres, les manuscrits et les bibliothèques, puis vint l'immolation du pilote jordanien Moaz al-Kassasbeh, qui a révolté le monde entier ; se sont ensuite succédé les immolations de ceux qualifiés d'espions ou de ceux qui avaient été capturés et dont l'exécution par le feu avait été décidée. Mais c'est la première fois que près de dix-neuf jeunes filles sont brûlées d'un seul coup pour avoir refusé de se soumettre à l'esclavage. Si la violence sexuelle englobe « le viol, l'esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable », la détention des jeunes filles et des femmes les expose à ces crimes pendant toute la durée de leur captivité ; elles subissent ainsi de graves traumatismes physiques et psychologiques, sans compter les risques de contamination par le sida. Que ces jeunes filles soient brûlées en raison de leur dignité et de leur fierté, alors qu'elles connaissaient leur sort, témoigne de leur force et de leur courage à se sacrifier pour défendre l'honneur, la dignité et l'humanité tout entière – au moment même où le monde, avec à sa tête l'organisation onusienne et les instances des droits de l'homme, fait preuve de lâcheté à tous les niveaux, international, régional et national. Avant d'entendre parler de l'« inquiétude » de l'Organisation des Nations unies ou de son examen de la qualification juridique des crimes commis pour déterminer s'ils constituent ou non des crimes de guerre, nous nous interrogeons sur la conscience humaine universelle : pourquoi les gouvernements et les parlements des pays du monde ne se sont-ils pas soulevés pour défendre l'humanité ? Où sont les instances internationales et régionales et les organisations de la société civile chargées des droits de l'homme ? Nous estimons que ces crimes sont les pires qui soient commis contre les enfants, les jeunes filles et les femmes. Le silence mondial face à ces crimes est une tache de honte sur le front de l'Organisation des Nations unies et des pays du monde, ainsi que de toutes les autres organisations internationales concernées, telles qu'Amnesty International et le Comité international de la Croix-Rouge, ou des organisations de la société civile comme Human Rights Watch, ses branches et ses organisations sœurs à travers le monde. C'est un crime contre nos fils, nos filles, nos mères et les femmes du monde entier. Une mobilisation humanitaire internationale s'impose pour sauver les femmes de l'enlèvement, de l'asservissement, de la réduction en esclavage et des meurtres qui ont lieu en Irak, en Syrie et partout ailleurs, car sauver la femme, c'est sauver l'avenir. Il serait plus juste de faire du jour de l'immolation de ces jeunes filles une journée mondiale pour le sauvetage de l'humanité.