Dr Bahaa Helmy
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Articles de presse

Dr Bahaa Helmy écrit : la corruption, un seul corps aux multiples têtes et aux formes diverses

Dr Bahaa Helmy écrit : la corruption, un seul corps aux multiples têtes et aux formes diverses

Dr Bahaa Helmy écrit : la corruption, un seul corps aux multiples têtes et aux formes diverses

DR-BAHAA HELMY·TUESDAY, JULY 5, 2016

La notion de corruption peut varier d'une époque à l'autre et d'un lieu à l'autre, mais elle n'est pas propre à un peuple ou à un État. La corruption est un seul corps, quelles que soient la multiplicité de ses définitions, de ses notions, de ses images et de ses formes : il y a la corruption politique, la corruption économique et financière, la corruption dans la restitution des droits à leurs titulaires, la corruption administrative, morale, culturelle et sociale. Le fait de percevoir des pots-de-vin, le favoritisme, le piston (wasta), le détournement de fonds publics et autres pratiques sont devenus un phénomène mondial et local très répandu et profondément enraciné. Par ailleurs, les moyens et méthodes de la corruption évoluent sans cesse, comme produit de la mondialisation et de l'essor technologique considérable, et les idées et les outils disponibles sur la Toile contribuent à la multiplication des infractions de corruption à tous les niveaux et dans tous les domaines de la vie. Nous avons entendu parler de la corruption à la Fédération internationale de football association (FIFA) et des sanctions prononcées contre Blatter et Platini, suspendus de toute activité footballistique pendant 6 ans, peine réduite à 4 ans assortie d'une amende, avant que le Tribunal arbitral du sport de Lausanne, en Suisse, ne décide la semaine dernière de ramener l'amende à 55 000 euros pour la perception d'une somme de deux millions de francs suisses, ce qui revient aussi à consacrer la corruption. Tout récemment, les Panama Papers ont été révélés, ainsi que les comptes privés de nombreux responsables politiques, comme David Cameron, Premier ministre britannique. Il existe des sociétés offshore transcontinentales qui injectent d'énormes investissements dans des projets nationaux sans que leurs investisseurs ou actionnaires soient connus, et nul n'ignore les opérations de blanchiment d'argent réalisées dans l'immobilier en Grande-Bretagne, aux États-Unis et dans de nombreux autres pays, que ce soit dans l'immobilier, les activités sportives ou les sponsors des équipes de football européennes, au vu et au su des gouvernements de ces pays qui prônent les valeurs onusiennes de lutte contre la corruption et de probité. Quant à la propagation de la corruption en Égypte, elle est devenue un héritage dont il faut se débarrasser : la profusion et la contradiction des textes législatifs, des politiques de recrutement aléatoires et non planifiées, la faiblesse des budgets de formation, des écarts de salaires sans critères transparents et équitables, une faible productivité, des systèmes de suivi et d'évaluation des performances défaillants, et le fait de ne pas s'appuyer sur la compétence dans le choix des dirigeants et des fonctionnaires. À cela s'ajoutent la bureaucratie administrative et la complexité des procédures, les insuffisances des structures organisationnelles de l'appareil gouvernemental et administratif de l'État, la faiblesse des contrôles, la longueur des procédures judiciaires, le manque de transparence, l'acceptation sociale de la petite corruption et la faiblesse du rôle des médias dans la sensibilisation au problème de la corruption. Tout cela a conduit à la diffusion d'une culture de la corruption au sein des institutions publiques et ailleurs, et a engendré l'économie parallèle et l'évasion fiscale, freiné le développement économique et humain et accru les inégalités sociales ; le meilleur exemple en est la corruption dans les collectivités locales. La corruption peut également apparaître dans le secteur privé et les organisations de la société civile ; elle ne se limite pas au secteur public. Il n'est pas exagéré de dire que la corruption est le défi majeur, qui appelle une riposte et une guerre plus acharnées et plus coûteuses que la lutte contre le terrorisme. Il faut adopter une vision nationale intégrée de lutte contre la corruption sur chaque lieu de travail, dans les ministères, les organismes, les services publics et privés et les services aux citoyens, et ancrer les valeurs de probité, de patriotisme et de citoyenneté chez nos enfants dès leur entrée à l'école, à l'institut, à l'université, à l'usine, dans les organismes, les administrations et les clubs, tout en orientant les programmes éducatifs, religieux et médiatiques vers la lutte contre la corruption. Certes, il existe de nombreuses législations nationales et conventions internationales et régionales, ainsi que la Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2014-2018, élaborée par la sous-commission de coordination de la lutte contre la corruption, qui vise à combattre et à endiguer la corruption dans la société égyptienne et à promouvoir une culture sociale qui la rejette. Aujourd'hui, la première moitié de la stratégie étant écoulée, nous nous interrogeons sur ce qui a été accompli, sur les taux et les indicateurs de performance et sur la mesure de la corruption en Égypte. Si le manque de transparence est l'une des causes de la corruption en Égypte, comme l'indique cette stratégie, nous devons au moins faire preuve de transparence et reconnaître nos problèmes afin de parvenir à des solutions qui bâtissent un avenir et une nouvelle génération travaillant avec probité et honneur.