Dr Bahaa Helmy écrit : la discorde des Ultras

De nombreux amateurs et supporters de football ont rejoint les groupes d’Ultras depuis leur apparition en Égypte en 2007, et nous avons vu les stades se remplir de supporters et de passionnés de football de tous âges et de toutes appartenances, jeunes, enfants et adultes.
Ils participent aux encouragements des équipes, en particulier de l’équipe nationale égyptienne, et s’associent aux formes d’encouragement inventives menées par quelques jeunes enthousiastes portant le drapeau égyptien, formant un tableau unique dont le contenu est le plaisir du spectacle et l’amour de l’Égypte.
Le plaisir du football n’est complet qu’avec le public et les supporters qui poussent les joueurs vers la victoire et répandent la joie dans tous les cœurs.
Il ne fait aucun doute que la nature et la diversité de ce public diffèrent, voire s’opposent aux principes et à la mentalité des Ultras, empruntés et copiés sur (les hooligans anglais), tels que : l’appartenance au club et à son équipe, le combat contre les supporters de l’équipe adverse, l’hostilité envers les forces de l’ordre, la fraternité de sang, la mentalité souterraine, la fierté raciste, l’éloignement des médias et de la politique, l’exaltation de l’esprit de rébellion et d’autres principes que nous avons exposés dans nos ouvrages (Les violences dans les stades et les moyens d’y faire face en droit anglais et égyptien) et (La réponse législative et sécuritaire aux violences des Ultras dans les stades).
Les Frères musulmans et les salafistes ont été les premiers à infiltrer les groupes d’Ultras par l’intermédiaire de jeunes de la confrérie membres et dirigeants de ces groupes, soit au sommet de la pyramide (le direttivo), chargé de diriger le groupe, soit au deuxième niveau, appelé (le nucleo – le capo – les sections – les membres actifs, les secteurs et les comités) et autres – selon la langue et la terminologie des Ultras du monde entier –, qui ont conduit la participation des Ultras aux événements politiques et sécuritaires de 2011 (la diabolisation des Ultras) pour servir les objectifs des Frères musulmans et de leurs alliés en 2011 sous couvert de participation individuelle, après que certains jeunes eurent refusé d’enfreindre le principe de non-participation à la politique.
Les Frères musulmans et El-Chater ont pris en charge les Ultras d’Al-Ahly, et les salafistes et Abou Ismaïl ont pris le contrôle des Ultras du Zamalek, et ils ont participé à bon nombre des événements, des violences et des meurtres survenus en Égypte depuis le 28 janvier 2011, date des attaques contre les commissariats, et des faits qui ont suivi, comme les événements de la rue Mohamed Mahmoud 1 et 2, les événements de la Gabalaya, l’attaque du Club de la police à Gezira, l’hôtel Semiramis, les événements du stade de la Défense aérienne, sans oublier le massacre du stade de Port-Saïd, qualifié de jour noir du football, et d’autres événements regrettables.
Ils ont poursuivi les violences après la chute des Frères musulmans aux mains du peuple le 30 juin 2013, commettant de nombreux crimes et actes de brutalité, comme l’attaque d’une boutique de PlayStation à Gizeh, l’agression d’un étudiant et l’incendie des lieux, et d’autres violences documentées au service des plans de l’organisation terroriste.
Il faut reconnaître qu’une partie des membres des Ultras n’appartient pas à l’organisation terroriste, mais un large secteur de membres de la confrérie au sein des Ultras tente, par leur intermédiaire, d’exploiter à nouveau les Ultras en attisant les principes qui rejoignent les leurs, comme la non-reconnaissance de la patrie et de ses frontières, le rejet du drapeau et de l’hymne national, et l’absence d’appartenance et de loyauté envers quiconque sinon le Guide (« Au diable l’Égypte »), selon leur expression.
C’est apparu clairement lorsque les supporters Ultras d’Al-Ahly ont chanté et scandé pour le club pendant l’hymne national lors du match Al-Ahly–El-Mahalla ces derniers jours, d’une manière qui traduit le mépris et l’incitation à la déloyauté envers la patrie, conformément aux principes de l’organisation terroriste.
En vérité, la rébellion et la fougue de la jeunesse ne signifient pas la rébellion contre la patrie, le peuple, la famille ou les valeurs et principes nationaux et moraux. Ce que font les Frères musulmans, comme d’habitude, c’est tenter de semer la discorde avec le public du plus grand club d’Égypte en Égypte à travers une frange qui leur appartient – ce que nous avons appelé « la discorde des Ultras ».
L’Angleterre comme l’Égypte ont réussi à faire face à la violence, à l’incitation et à l’extrémisme d’individus ou de groupes d’Ultras en appliquant le principe de l’état de droit et en préservant la sécurité nationale.
Les jeunes et le peuple égyptiens ont un haut degré de conscience et la capacité de démasquer les agissements de la confrérie malveillante et ses tentatives de nuire à l’Égypte.
Ils ignorent que le drapeau et l’hymne national habitent la conscience et l’esprit du peuple égyptien ; quels magnifiques exemples de sacrifice donnent les fils de l’Égypte, « les meilleurs soldats de la terre », pour défendre le sol et la sécurité de la patrie jusqu’au sacrifice ; qu’il est beau de voir les jeunes, les enfants et les adultes encourager l’équipe nationale de mon pays en brandissant la bannière de l’Égypte ; et qu’il est noble de travailler et de s’efforcer de hisser haut le drapeau de l’Égypte.. Gardez-vous donc de la discorde.
