Dr Bahaa Helmy
Loading...
Articles de presse

Dr Bahaa Helmy écrit : La doctrine d'Erdoğan et son complexe égyptien

Dr Bahaa Helmy écrit : La doctrine d'Erdoğan et son complexe égyptien

La doctrine du président turc repose sur l'idée du califat : il se considère comme l'émir de l'organisation internationale des Frères musulmans et comme l'héritier légitime du prétendu Empire ottoman. Les convictions et les idées fréristes du président turc, fondées sur une pensée expansionniste et agressive visant à réaliser les ambitions des Frères musulmans, l'emportent ; ceux-ci ne reconnaissent ni les frontières géographiques ou politiques ni les régimes établis dans aucun pays, et leurs chimères s'étendent jusqu'à gouverner les peuples de la terre et à imposer leur domination par le sabre et par le terrorisme, au moyen de milices armées composées de membres de la confrérie « croyants » — selon leur conviction — face à tous les groupes, communautés, régimes, peuples ou forces nationales qui croient en l'appartenance à la terre et à la patrie et agissent selon les valeurs de tolérance et de fraternité. Il bâtit ses rêves, ou plutôt ses chimères, sur la possibilité de refonder un nouvel empire ottoman frériste sur les décombres de certains États arabes, en soutenant le chaos qui a balayé certains pays arabes et en se jetant dans la tourmente des événements qu'on a appelés le Printemps arabe. Le président turc avait déjà été accusé d'incitation à la haine religieuse et d'hostilité au régime de son État avant sa candidature à la présidence turque, lorsqu'il exprima ses principes d'exclusion en récitant un vers selon lequel « Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées nos casernes et les croyants nos soldats » ; puis il est revenu à répéter ces mots en 2019, après la défaite de son parti aux élections locales, afin de courtiser les milices armées, les membres des Frères musulmans et leurs partisans pour qu'ils se rangent à ses côtés. Le jugement condamnant le président turc à la prison et lui interdisant d'exercer des fonctions publiques en raison de ces propos a été rendu par les tribunaux turcs il y a vingt ans, à une époque où les forces armées jouaient un rôle central dans la conduite du régime et dans le maintien d'une distance entre la religion et le pouvoir, et où l'armée jouissait d'un prestige et d'une maîtrise dans la gestion des affaires du pays face à l'idéologie du fanatisme. C'est alors qu'est apparu le complexe du président turc à l'égard de l'armée nationale, à l'image du complexe intérieur enraciné dans l'âme des membres de la confrérie terroriste envers et contre toute force de sécurité nationale, car les forces chargées de faire respecter la loi et de protéger la patrie ne croient qu'en la victoire ou au martyre dans l'accomplissement du devoir et la protection du peuple, de la patrie et de l'intégrité de son territoire. L'armée nationale constitue un obstacle majeur et un cauchemar pour la pensée et la conscience du président turc, et un mur de défense face aux ambitions et aux idées de l'organisation des Frères musulmans, des milices qui lui sont affiliées et de tout ce qui naît de son sein, car l'armée nationale est composée de jeunes et d'hommes patriotes « qui ont été fidèles à l'engagement pris envers Dieu ». Cela contredit la pensée et la philosophie de l'organisation des Frères musulmans et ses plans pour gérer les affaires du pouvoir dans les vastes terres de Dieu en s'appuyant sur ses soldats, que le président turc a qualifiés dans ses propos précités de « soldats croyants » ; et les croyants, selon la vision et la doctrine des Frères musulmans, sont les membres des milices armées, gens de l'écoute et de l'obéissance. Par conséquent, l'armée et le peuple égyptiens qui ont mené la révolution de juin sont l'ennemi numéro un d'Erdoğan, de son organisation et de quiconque la finance ou lui appartient, ce qui l'a amené à marmonner et à répéter le nom du président Sissi dans tous ses discours intérieurs et extérieurs. Parce que, tout simplement, il a brisé leurs rêves, détruit leurs chimères et lézardé les fondations de leur édifice ; la justice égyptienne démasque les traîtres et les espions parmi eux ; et la tentative des Frères musulmans de vendre la terre de la patrie dans ce que l'on a appelé l'« accord du siècle », après avoir reçu plus de 8 milliards de dollars d'acompte pour anéantir les rêves d'un État palestinien, a été révélée à tous. Ne nous étonnons donc pas des orientations et des agissements du président turc, dictés par son complexe à l'égard de l'armée et du peuple égyptiens, devenus un modèle national parmi les armées nationales. Le président turc tente de surmonter les crises intérieures auxquelles ses politiques sont confrontées en fuyant au-delà des frontières, et l'histoire retiendra non seulement qu'il n'a pas pu atteindre son but ni réaliser les ambitions de sa confrérie frériste, mais aussi que la doctrine d'Erdoğan et de sa confrérie a été bâtie au bord d'une falaise croulante qui s'est effondrée avec eux.