Dr Bahaa Helmy écrit : la signification de la participation du Qatar au sommet arabe

Loin de la mer et des profondeurs de la politique, la participation de l'émir du Qatar à l'ouverture du 30e sommet arabe, tenu à Tunis au début de cette semaine, et son départ au bout d'une trentaine de minutes, attirent l'attention et soulèvent des questions sur la signification de cette présence et de cette absence simultanées. L'émir du Qatar a quitté la séance d'ouverture du sommet arabe pendant le discours du secrétaire général de la Ligue des États arabes, qui suivait ceux du roi Salmane ben Abdelaziz, souverain d'Arabie saoudite et président du sommet précédent, et du président tunisien Béji Caïd Essebsi, qui a pris à cette occasion la présidence du sommet arabe – et de là, il a quitté la Tunisie. Ces discours contenaient les signes du consensus arabe, qui a rejeté la déclaration américaine sur le Golan occupé malgré l'absence de la Syrie au sommet ; a remis la cause palestinienne à l'ordre du jour après la décision du président américain Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et l'impasse dans laquelle se trouve la solution à deux États ; a rejeté le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations et ses moyens de financement et de soutien, qu'il s'agisse de groupes terroristes ou de milices confessionnelles ; et a catégoriquement rejeté les ingérences de la Turquie et de l'Iran dans les affaires des États arabes et l'aggravation et la complication des crises résultant des politiques destructrices des deux pays dans la région, avec une condamnation et une dénonciation explicites des politiques agressives de l'Iran, en appelant la communauté internationale à assumer ses responsabilités face à ces politiques et à faire cesser le soutien du régime iranien au terrorisme dans le monde. Ces sujets figuraient à l'ordre du jour du sommet aux côtés d'autres questions comme la situation en Libye et au Yémen, le soutien au Soudan et d'autres. Or les principes du consensus arabe s'opposent aux orientations et aux politiques du Qatar, qui consistent à renforcer ses relations avec l'Iran et la Turquie et à s'impliquer avec eux dans une politique d'hostilité et de convoitise dans la région arabe ; le Qatar a choisi de participer au soutien des desseins visant les droits arabes, de faire cavalier seul et de rompre avec le consensus arabe, s'attirant ainsi davantage d'isolement et de marginalisation en raison du boycott arabe qui lui est imposé jusqu'à ce qu'il renonce à ses politiques hostiles, cesse de s'ingérer dans les affaires des États arabes et de viser les États-nations par le chaos, et cesse de parrainer et de soutenir le terrorisme. La présence qatarie au dernier sommet arabe de Tunis est donc venue comme une tentative de sortir de l'isolement et de tirer parti de sa participation au sommet économique arabe tenu à Beyrouth en janvier dernier, en l'absence de nombreux dirigeants arabes excusés, pour renforcer sa position. Mais le consensus arabe a été ferme et clair dans sa position de rejet des politiques et des ambitions de l'alliance entre le Qatar et l'Iran. Ce qui a conduit l'émir du Qatar à partir précipitamment, en raison de sa conviction et de son alignement sur l'autre camp, source de menace pour la sécurité et la stabilité des États et de la région arabes, et pour marquer de nouveaux points afin de renforcer ses liens avec l'Iran et la Turquie, qu'il considère comme son refuge et son abri. En outre, le Qatar a tenté d'exploiter son départ du sommet arabe pour apparaître aux yeux du monde comme rejetant les politiques de la Ligue des États arabes et l'action arabe commune, et comme poursuivant sur la voie du soutien au terrorisme et pliant sa politique à l'exécution des desseins de chaos et de division qui visent toute la région. En vérité, certains avaient fondé des espoirs sur l'assainissement des relations entre le Qatar et la famille arabe lors de ce sommet, par l'adoption par le Qatar des principes de la paix et de la sécurité internationales, l'abandon de ses politiques antérieures, une véritable volonté de revenir à ses racines et à son environnement et la coopération avec les États arabes face aux défis de la région. Mais ses actes et ses politiques montrent son insistance et sa détermination à maintenir sa position en marge du consensus arabe et à marchander les constantes des droits arabes, ce qui représente un grand danger pour le Moyen-Orient et le monde arabe dans son ensemble. Le Qatar doit donc reconsidérer sa position et élaborer une vision plus profonde de son rôle et de l'avenir de son régime, car il n'a d'avenir qu'en s'intégrant dans son environnement arabe et en partageant ses ambitions et ses espoirs.
