Dr Bahaa Helmy
Loading...
Articles de presse

Dr Bahaa Helmy écrit : la triche électronique révèle le fossé du savoir et de la technologie

Dr Bahaa Helmy écrit : la triche électronique révèle le fossé du savoir et de la technologie

Dr Bahaa Helmy écrit : la triche électronique révèle le fossé du savoir et de la technologie

La multiplication des fuites de sujets d'examen et de la triche électronique, qui a conduit au report de certaines épreuves à un moment critique, est devenue une préoccupation qui inquiète l'État, d'autant que le ministère de l'Éducation se montre incapable de résoudre le problème et que les parents et leurs enfants candidats au certificat d'études secondaires générales (Thanaweya Amma) expriment un mécontentement général face à la perte des efforts et des économies consacrés à la réussite de leurs enfants au baccalauréat et à la réalisation de leur rêve d'entrer à l'université. Les fuites de sujets et la triche, ainsi que l'annonce de l'implication de certains responsables du ministère de l'Éducation et de l'imprimerie secrète dans ces fuites, ne sont pas seulement des crimes moraux contre la société ; elles révèlent aussi l'ampleur de l'immobilisme et du fossé de savoir et de technologie entre les élèves, qui utilisent les réseaux sociaux et manient les technologies de l'information, et les responsables du système éducatif en Égypte. Le ministre de l'Éducation a réclamé certaines solutions illégales pour lutter contre les fuites et la triche électronique, comme « le brouillage ou la coupure d'Internet et la fermeture des pages des réseaux sociaux », et a demandé l'importation de détecteurs électroniques pour fouiller les élèves avant leur entrée dans les salles d'examen, tandis que d'autres ont proposé de confier la responsabilité des examens aux forces de sécurité. Malheureusement, ce sont là des moyens et des solutions sécuritaires qui reviennent à fuir la réalité et à tenter de se défausser de sa responsabilité, sans affronter le problème par des solutions innovantes. Ces solutions sont le fruit d'idées d'avant la révolution des technologies de l'information, de l'essor considérable des moyens de communication et d'Internet, et de la formation d'un monde virtuel et d'un espace informationnel qui échappe aux frontières nationales, ce qui signifie qu'il existe un véritable fossé entre l'évolution souhaitée de l'enseignement et la réalité du terrain. La réalité montre que le ministère de l'Éducation ne dispose ni de la vision prospective et culturelle ni des connaissances numériques dont dispose tout ministère de l'Éducation dans n'importe quel autre pays du monde. Elle révèle aussi la nécessité d'un service spécialisé dans les technologies de l'information au sein de chaque ministère ou institution, pour suivre les évolutions et se protéger de la cybercriminalité ou du terrorisme électronique, afin d'alléger la charge pesant sur le ministère de l'Intérieur. Il apparaît également que le gouvernement ne s'en préoccupe qu'une fois le problème aggravé, et que les organisations de la société civile se sont désengagées de leur responsabilité et de leur rôle dans cette question et ses répercussions, comme si elle ne concernait que le ministère de l'Éducation. C'est un fossé de pensée, de culture, de concepts et d'usages quotidiens entre nos enfants, les élèves, qui utilisent le réseau d'information et les technologies à toute heure, et la pensée figée des responsables, qui ne saisissent pas la notion de cyberespace ni les scénarios de gestion des risques que fait peser sur la société ou la nation le mauvais usage des réseaux sociaux et des outils de communication intelligents. Nous estimons qu'il est possible de lutter contre la triche électronique par de nombreux moyens, tels que : changer les systèmes et les méthodes d'examen, par exemple en adoptant plusieurs versions d'un même sujet (une version différente pour chaque élève) et en répondant sur une feuille comme pour le (TOEFL) ; une partie de l'examen pourrait être (orale/d'écoute) dans la salle, avec des réponses par oui ou non ou un choix parmi plusieurs réponses sur la même feuille ; on pourrait aussi ajouter une troisième épreuve ou partie mesurant les aptitudes pour l'admission dans une faculté donnée (élaborée par des spécialistes de chaque faculté). On pourrait également préparer un nouveau type d'examen sécurisé, passé sur ordinateur personnel à intervalles réguliers au cours de l'année après une bonne formation des enseignants comme des élèves, le résultat s'affichant à l'écran dès la fin des réponses, puis étant enregistré et centralisé électroniquement via un réseau d'information interne (internet) non relié à la Toile. Nous proposons enfin un concours pour les élèves, dès le cycle préparatoire, afin de proposer des solutions électroniques contre la triche, et nous découvrirons de nombreuses solutions et de nombreux talents égyptiens dans les technologies de l'information et de la communication et dans toutes les sciences.