Dr Bahaa Helmy écrit : Les caméras de surveillance, entre sécurisation et réglementation

Les caméras sont l'un des moyens technologiques de sécurité les plus avancés pour la surveillance et l'enregistrement des événements. Elles se répandent partout, offrant aux observateurs un suivi continu des lieux publics tels que les grands carrefours, les banques, les installations et les sites importants, en raison de leur efficacité et de leur rôle dans la prévention de la criminalité et l'aide à l'identification des auteurs après les faits. L'intelligence artificielle a ajouté de nouvelles techniques permettant aux caméras de surveillance de sécurité de repérer les personnes recherchées et les criminels même si leur visage n'est pas visible par l'objectif, grâce à des capacités exceptionnelles de détection et d'analyse des mouvements du corps, de la taille, de la corpulence, de la tenue, etc., ce qui constitue une grande avancée et une arme technique efficace pour arrêter les criminels et les condamnés et suivre leurs déplacements même s'ils dissimulent leur visage, en plus de leur rôle important dans la lutte contre la criminalité et les vols. Indépendamment de la question de la « vie privée » qui accompagne le développement des technologies des caméras et des scanners corporels utilisés dans certains aéroports et points de passage frontaliers de différents pays, et qui est soulevée de temps à autre, le train de l'intelligence artificielle avance à toute vitesse vers le progrès et le développement des usages des caméras de surveillance, en ajoutant de nouvelles fonctions comme l'analyse des séquences vidéo et l'affichage des résultats de recherche, avec leur conservation pour s'y référer ultérieurement ou les utiliser dans de nouvelles applications. La reconnaissance faciale a commencé à être appliquée dans plusieurs provinces chinoises en vue de sa généralisation à l'ensemble de la Chine, et de nouvelles lunettes ont été conçues pour les agents de sécurité, leur permettant de lire les données des personnes dès qu'elles passent devant eux dans des lieux publics tels que les stations de métro, les cinémas et les théâtres, ce qui a permis d'arrêter plusieurs personnes recherchées alors qu'elles assistaient à un concert. L'usage des caméras de surveillance de sécurité s'est généralisé en raison de leur importance pour la sécurisation de divers sites et événements, comme les stades et les manifestations sportives, ainsi que des gares, des stations de métro, des marchés, des commerces ouverts au public, de la circulation, etc., ce qui impose d'établir des règles juridiques encadrant la conservation et la circulation du contenu et des enregistrements de ces caméras, et la préservation des informations, séquences et images enregistrées. Un projet de loi a déjà été présenté sans être encore adopté ; et les commerces ouverts au public, les établissements commerciaux, industriels et touristiques et les lieux de divertissement du gouvernorat du Caire sont tenus d'installer des caméras couvrant les abords, d'enregistrer et de conserver les enregistrements en vertu d'une décision du gouvernorat prise en 2016, sans que soient fixées la durée de conservation des enregistrements ni les règles de leur circulation, ni la personne ayant le pouvoir ou le droit de les consulter ou de les conserver. Cela peut exposer les enregistrements de caméras relatifs à certains crimes ou événements importants à des manipulations ou à leur destruction, ce qui les affecterait négativement non seulement en tant que preuves numériques ou électroniques, mais affecterait aussi l'ordre et la sécurité publics dans la société tout entière. L'absence d'encadrement ou de réglementation de la circulation des enregistrements des caméras de surveillance peut conduire à des abus, à du chantage ou à la dissimulation d'informations. N'oublions pas l'accident au cours duquel une locomotive a percuté le quai de la gare Ramsès et son réservoir de carburant a explosé, ni le chaos qui l'a accompagné, avec la diffusion d'extraits des enregistrements des caméras sans l'accord des autorités d'enquête ou de sécurité et sans attendre les résultats des enquêtes, ce qui a suscité beaucoup de mécontentement et de colère face aux scènes inhumaines qui ont circulé sur les sites de communication électronique. Il convient donc d'établir des règles juridiques fixant les durées de conservation des enregistrements des caméras de surveillance dans les installations importantes (à l'exception des installations militaires, sécuritaires et vitales, qui ont une nature particulière), ainsi que des enregistrements des caméras de surveillance des commerces ouverts au public, en distinguant les enregistrements faisant l'objet d'enquêtes du Ministère public sur divers crimes ou faits — dont il ne peut être disposé que sur décision de l'autorité d'enquête ou du tribunal compétent — des enregistrements ordinaires de routine, jusqu'à l'adoption d'une législation spéciale réglementant cette question et fixant les durées et les moyens de conservation des enregistrements, les modalités de leur circulation et l'organisation de leur effacement. La sécurité des installations dans les administrations publiques, les services publics et ailleurs devrait être responsable de l'application des instructions et du respect des règles de sécurité de l'information et des documents, et rendre des comptes en cas d'infraction. Il faudrait tenir compte en cela des expériences internationales et nationales. La loi espagnole sur le sport prévoit que le directeur de la sécurité du stade est responsable de la conservation des enregistrements pendant 28 jours, sauf décision contraire du tribunal, et les instructions de la Banque centrale d'Égypte indiquent que les agences bancaires conservent les enregistrements des caméras pendant une durée pouvant atteindre trois mois ou plus. La réglementation de ces questions contribue à donner une base légale à la situation et à servir l'intérêt général.
