Dr Bahaa Helmy écrit : Les écoles internationales et l'exode des cerveaux égyptiens

L'exode des cerveaux est l'une des formes de la migration, définie comme le déplacement de personnes ayant un haut niveau d'instruction d'un pays à un autre en vue d'y résider et d'y travailler. L'Organisation internationale pour les migrations définit le migrant comme toute personne qui quitte ou a quitté son lieu de résidence habituelle pour traverser une frontière internationale ou se déplacer à l'intérieur d'un État, quels que soient son statut juridique, le caractère volontaire ou involontaire du déplacement, les causes du déplacement ou la durée du séjour. Les Nations unies définissent le migrant comme « une personne qui a résidé dans un pays étranger pendant plus d'un an, quelles qu'en soient les causes, volontaires ou involontaires, et quels que soient les moyens, réguliers ou irréguliers, utilisés pour migrer ». Le rapport 2020 de l'Organisation internationale pour les migrations indique que plus de la moitié des migrants internationaux (141 millions) vivent en Europe et en Amérique du Nord, et que les pays du Golfe comptent les plus grands nombres de travailleurs migrants temporaires au monde. L'organisation a relevé que la Syrie compte le plus grand nombre de déplacés internes, soit 6,1 millions de personnes, et qu'elle est aussi le premier pays d'origine des réfugiés, avec plus de six millions, sans indiquer combien de ces déplacés et réfugiés sont titulaires de diplômes ou ont fait des études supérieures dans les différentes sciences. Indépendamment des avantages que l'État tire de la migration — qu'elle soit motivée par la recherche de gains matériels, l'influence de la mondialisation, la fuite des zones de conflits et de guerres, les grandes disparités de salaires et de revenu par habitant, ou les changements climatiques et les mauvaises conditions météorologiques —, si les transferts de fonds, l'acquisition par les migrants de cultures différentes, l'amélioration de leurs conditions matérielles et de vie, et l'acquisition et le transfert de connaissances et d'expériences vers le pays d'origine constituent des avantages pour le pays dont émigrent les cerveaux, les pertes résultant de l'exode des cerveaux sont très importantes, que ce soit pour les plans de développement, de production et de développement durable, ou du point de vue des effets négatifs sur les liens nationaux entre les migrants et leur pays d'origine — au moment même où s'accroissent les bénéfices que récoltent les pays développés qui s'approprient ces cerveaux et leur production intellectuelle, scientifique et économique. L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) considère l'exode des cerveaux comme une question grave, et l'émigration des travailleurs hautement qualifiés est très coûteuse sur le plan social, en plus des pertes économiques pour le pays d'origine. On constate que de nombreuses sociétés développées sont composées de migrants de multiples nationalités : les deux tiers des migrants ayant fait des études universitaires, au sommet de l'échelle des talents, vivent aux États-Unis, en Grande-Bretagne, au Canada et en Australie ; 85 % de tous les lauréats du prix Nobel de sciences se trouvent aux États-Unis, grâce aux cerveaux émigrés ; et actuellement, les 10 premiers pays de destination attirent 60 % des migrants dans le monde. Le ministère d'État de l'Émigration et des Affaires des Égyptiens à l'étranger déploie de grands efforts pour communiquer avec les émigrés égyptiens et les inviter à participer à la fondation « L'Égypte peut » créée par le ministère, ainsi qu'à la participation nationale en vue du développement durable. Nous constatons toutefois que les organisations internationales s'occupant de migration ou d'éducation ont omis d'inclure la catégorie des élèves brillants de l'enseignement préuniversitaire dans leur pays, en particulier ceux qui sont inscrits dans des écoles internationales suivant des systèmes étrangers, comme les systèmes américain, français, allemand ou autres, et qui s'inscrivent dans des universités à l'étranger et ne reviennent pas ensuite. Nous reprochons donc aux définitions précédentes des migrants de se limiter aux personnes ayant un haut niveau scientifique ou technique et de ne pas inclure les élèves surdoués de l'enseignement préuniversitaire, qui sont influencés par la pensée de certains enseignants étrangers qui insistent sur les aspects négatifs de la société locale et tissent des rêves devant nos enfants pour affecter leur esprit de loyauté et d'appartenance. Nous demandons donc aux organisations internationales de proclamer un code de conduite obligeant les pays développés à cesser leur politique consistant à vider nos sociétés de leurs cerveaux prometteurs, en particulier nos enfants des écoles internationales, et à s'engager à préserver les efforts de l'État national en matière d'éducation, en tant qu'objectif du plan de développement durable. Et nous demandons à la famille et aux institutions de la société civile de communiquer avec les enfants de l'enseignement préuniversitaire et de les sensibiliser, et au ministère de l'Émigration de créer une base de données de nos enfants étudiant dans des universités à l'étranger et de les suivre en permanence, afin de relier leurs cerveaux à la patrie et de réduire leur taux d'émigration.
