Dr Bahaa Helmy écrit : Les personnes interdites de candidature et les personnes privées du droit de vote

Visions pour l'avenir, le 10/1/2018 Les personnes interdites de candidature et les personnes privées du droit de vote Dr Bahaa Helmy écrit bahaabb@hotmail.com À l'occasion de l'annonce par la Haute Commission électorale du calendrier des candidatures et de l'élection présidentielle de 2018, nous constatons que la Constitution de 2014, loi suprême et la plus haute du pays, a fixé des conditions de candidature à la fonction de président de la République de nature à préserver le prestige et la dignité de la fonction de président de l'Égypte, et a renvoyé à la loi pour les autres conditions. La Constitution exige en effet que tout candidat à la présidence de la République soit égyptien, né de parents égyptiens, que ni lui, ni l'un de ses parents, ni son conjoint n'ait possédé la nationalité d'un autre État, qu'il jouisse de ses droits civils et politiques, qu'il ait accompli son service militaire ou en ait été légalement exempté, et qu'il soit âgé d'au moins quarante ans. Autrement dit, il est exigé que le candidat soit d'origine égyptienne, qu'il appartienne, lui et sa famille, à son pays, qu'il n'ait jamais possédé une autre nationalité, qu'il soit en bonne santé physique et mentale, qu'il ait accompli son service militaire ou en ait été exempté et ne soit pas un réfractaire à la conscription, et qu'il soit une personne rigoureuse, à la conduite disciplinée et au comportement conforme aux valeurs et principes juridiques, moraux et humains. La loi a ajouté d'autres conditions complémentaires et détaillées pour la candidature à la présidence de la République, en disposant que le candidat doit être titulaire d'un diplôme de l'enseignement supérieur et ne doit pas avoir été condamné pour un crime ou pour une infraction contraire à l'honneur ou à la probité, même s'il a été réhabilité. Il va de soi que la loi écarte toute personne condamnée pour un crime ou pour une infraction contraire à l'honneur ou à la probité, en raison de ce que révèlent de telles infractions en termes de bassesse de comportement, de perversion du caractère et de perte des valeurs et des principes ; parmi les exemples de ce type d'infractions figurent la corruption, le viol, le vol, l'escroquerie, le faux, l'abus de confiance, l'espionnage, entre autres. Si la loi sur la fonction publique exige, pour la nomination d'un fonctionnaire, qu'il soit de bonne conduite et de bonne réputation, qu'il n'ait pas été précédemment condamné à une peine privative de liberté pour une infraction contraire à l'honneur ou à la probité, et qu'il n'ait pas été précédemment révoqué de la fonction publique par un jugement ou une décision disciplinaire, à plus forte raison toute personne condamnée pour des infractions contraires à l'honneur et à la probité doit-elle être interdite de candidature à la fonction de président de la République. Quant aux personnes privées du droit de vote, la loi les a définies selon les catégories suivantes : les personnes placées sous interdiction judiciaire / les personnes atteintes de troubles psychiques ou mentaux / quiconque a commis le délit de fraude fiscale / quiconque a corrompu la vie politique / quiconque a fait l'objet d'un jugement prononçant la confiscation de ses biens / quiconque a été révoqué du service de l'État, du secteur public ou du secteur des entreprises publiques pour avoir commis une infraction contraire à l'honneur ou à la probité / quiconque a commis l'une des infractions de banqueroute / les personnes condamnées par un jugement définitif pour un crime / quiconque a fait l'objet d'un jugement définitif le condamnant pour des infractions électorales / quiconque a fait l'objet d'un jugement le condamnant à l'emprisonnement pour vol et atteinte aux bonnes mœurs – la privation étant d'une durée de 5 ans, sauf si elle est suspendue par une décision de justice. Quant aux conditions de recevabilité de la candidature à la présidence de la République, le candidat doit être parrainé par au moins vingt membres de la Chambre des représentants, ou soutenu par au moins vingt-cinq mille citoyens répartis dans au moins quinze gouvernorats, avec un minimum de mille soutiens dans chacun d'eux. Par conséquent, sont interdites de candidature toutes les personnes condamnées pour une infraction contraire à l'honneur ou à la probité, ou révoquées du service de l'État, du secteur public ou du secteur des entreprises pour cette même infraction, tandis que la privation du droit de vote aux élections résulte de l'une quelconque des causes précitées. Nous estimons qu'il est important de faire connaître au citoyen ses droits et ses devoirs au moyen de programmes médiatiques éclairés, et d'enrichir les programmes d'éducation nationale afin de sensibiliser nos enfants dans les écoles, aux différents cycles, à l'importance de l'exercice du droit de vote et de la participation aux élections, pour enraciner les valeurs de la démocratie et exalter en eux l'esprit patriotique, ainsi que leur attachement au devoir national et à l'expression de leur suffrage lors des différentes élections et des différents référendums.
