Dr Bahaa Helmy
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Dr Bahaa Helmy écrit : Les piliers et les axes de l'État national

Dr Bahaa Helmy écrit : Les piliers et les axes de l'État national

Il est admis que la définition juridique de l'État repose sur trois éléments constitutifs : la population, le territoire et le pouvoir, c'est-à-dire le peuple, la terre et le gouvernement.

Certains ont soutenu que les piliers de l'État sont au nombre de quatre : les armes, l'argent, l'organisation et les idées. Il s'agit de disposer d'une force militaire pour assurer la protection, et de l'argent pour répondre aux besoins du développement économique et à la satisfaction du peuple ; l'organisation sert le travail, l'efficacité de l'action et l'élimination des maux de la bureaucratie ; quant au quatrième pilier, il consiste en l'union autour de l'identité de la communauté et en l'harmonie entre les idées des élites et celles des masses, afin de garantir la cohésion de la communauté nationale.

Toutefois, la réalité est que les piliers de l'État, qu'ils soient trois ou quatre, n'ont pas empêché l'effondrement et la chute de certains États, le déplacement de leurs citoyens, la partition de leurs territoires, le pillage de leurs ressources, l'effacement de leur histoire et l'implantation de terroristes sur leur sol, dans le but de poursuivre l'épuisement de leurs capacités et de garantir que ces États ne retrouvent pas leur nature, leur rang et leur identité d'origine, tant que des mesures fermes n'ont pas été prises pour préserver la cohésion de l'État et de ses piliers.

Nous avons ainsi vu des peuples divisés, que ce soit sur une base religieuse, confessionnelle ou ethnique, tandis qu'étaient attisés les différends, les conflits et les guerres entre les différentes communautés et catégories, de manière à permettre une partition géographique, avec la délimitation d'une zone d'influence pour chaque groupe ou faction afin de consacrer la division. Les bannières se multiplient et les pouvoirs se désagrègent, de sorte que tous les belligérants contribuent à la réalisation d'objectifs qui accélèrent la destruction de la patrie.

Il apparaît dès lors que l'État et ses piliers ne peuvent être protégés qu'à travers des axes essentiels. Le premier consiste à ne pas se contenter de l'existence d'une armée, mais à bâtir une armée nationale forte et moderne, dotée d'un haut niveau de compétence, d'esprit combatif et de moral, animée par l'appartenance et la loyauté envers la patrie et par la protection du peuple. Le deuxième pilier est le renforcement des institutions de l'État et l'amélioration des services rendus aux citoyens. Le troisième pilier est la préservation de la cohésion et de la solidarité du front intérieur, ainsi que l'union des communautés et des enfants du peuple sous un seul slogan et une seule réalité : « une seule main ». Nous pouvons donner à ces axes le nom de « postulats de la préservation de l'État national ».

Ce que l'Irak a affronté pendant des années avant de parvenir à rétablir la forme de l'État, et ce que traversent la Syrie, le Yémen et la Libye en termes de guerres, de conflits, de terrorisme et d'attaques contre les sources de leur puissance, constituent la meilleure preuve de l'importance de renforcer les axes de préservation des piliers de l'État. Car, tout simplement, si l'ensemble ou l'un quelconque de ces axes vient à tomber ou à se dérégler, cela équivaut à un feu vert et prépare le terrain à l'exécution de plans visant à détruire un État : en ciblant la force militaire que représente l'armée, en ciblant les institutions de l'État, en semant la discorde et en attisant les conflits pour faire s'effondrer ses piliers et disperser ses peuples, tout en mettant en place des mécanismes destinés à faire échouer les tentatives de rassembler les fragments sous une autorité nationale unique. Dès lors, l'ultime issue devient la partition et l'hostilité permanente entre ces différentes parties.

C'est pourquoi nous voyons l'Égypte attachée et très soucieuse d'affirmer sa position constante en toutes occasions, officielles comme amicales ; celle-ci est même devenue un principe général déclaré de la politique égyptienne : ne pas porter atteinte aux institutions des États, préserver leur unité et leurs armées, ne pas recourir à la force et privilégier les solutions politiques conformes à la volonté nationale, celles-ci étant la véritable garantie contre l'effondrement et contre la mort de l'avenir dans les yeux des enfants des peuples des États ciblés. C'est ce que l'Égypte tient toujours à réaffirmer à tous les niveaux, y compris sur le plan intérieur, en s'appuyant sur la conscience et le patriotisme des Égyptiens.

L'union du peuple égyptien, avec toutes ses communautés, ses catégories et ses enfants, y compris les membres des forces armées et les hommes de la police, comme un seul homme, constitue la force de frappe, le rempart et le front de dissuasion face à quiconque tente ou manœuvre de porter atteinte à l'entité de l'État et à ses piliers « le peuple, la terre et le pouvoir ». Ajoutez-y son espace, de sorte que les piliers de l'État deviennent quatre, tout en restant attaché aux postulats de la préservation de l'État national, qui reposent sur trois axes essentiels : bâtir une armée nationale moderne, consolider et ancrer les institutions de l'État tout en offrant des services de qualité aux citoyens, et assurer la cohésion sociale et populaire autour des valeurs nationales enracinées.