Dr Bahaa Helmy écrit : Les toilettes et les droits de l'homme

L'Organisation des Nations unies célèbre la Journée mondiale des toilettes le 19 novembre de chaque année, dans le but d'inciter et d'encourager les États membres à s'attacher à fournir des services d'assainissement aux pauvres et à réduire la défécation en plein air, en raison de ses effets néfastes sur la santé publique et de la propagation de maladies mortelles. L'organisation onusienne considère l'assainissement comme une question de dignité et de sécurité des femmes en général, celles-ci ne devant pas être exposées au viol et aux violences faute de pouvoir accéder à des toilettes qui préservent leur intimité ; elle appelle donc à sensibiliser à cette question, en soulignant l'importance de débattre des questions d'assainissement, de promouvoir l'hygiène, de traiter les eaux d'égout et de traiter les eaux usées et de les réutiliser en toute sécurité. Les rapports des Nations unies indiquent qu'environ 60 % de la population mondiale, soit quelque 4,5 milliards de personnes, n'ont pas de toilettes à domicile, qu'environ 869 millions de personnes dans le monde n'ont pas de toilettes du tout, et que les effets des déjections humaines de ce nombre considérable de personnes sont dévastateurs pour la santé publique, les conditions de vie et de travail, la nutrition, l'éducation et la productivité économique dans le monde ; les statistiques de l'Organisation mondiale de la santé indiquent que la pollution de l'eau fait environ 1,5 million de victimes par an, et environ 361 000 enfants de moins de cinq ans par an en raison du manque d'hygiène. Les toilettes ne sont donc pas seulement des toilettes ; elles sont aussi un moyen de protection sanitaire et personnelle et un rempart de la dignité. Qui que vous soyez et où que vous soyez, un assainissement géré en toute sécurité est l'un de vos droits humains. On entend par assainissement géré en toute sécurité le fait que plusieurs ménages ne partagent pas les mêmes toilettes, que les déjections soient séparées et éliminées en toute sécurité ou transportées hors des zones urbaines pour y être traitées, protégeant ainsi les populations et l'environnement contre les maladies. Agir sur la qualité de l'eau, purifier l'eau potable, traiter les eaux usées, assurer une réutilisation sûre et fournir des toilettes à chaque ménage constituent la bonne voie pour atteindre les dix-sept objectifs de développement durable annoncés par les Nations unies à l'horizon 2030, dont le sixième porte sur « l'eau propre et l'assainissement ». Ces dernières années, l'Égypte a fait de grands pas pour fournir l'eau potable et l'assainissement et pour construire de nombreuses communautés urbaines intégrées, dont certaines destinées à reloger les habitants des quartiers informels dangereux d'une manière digne du citoyen égyptien. De nombreux réseaux d'assainissement ont été construits à Charqiya, Beni Souef, Noubariya, Borg El-Arab, Minya et Louxor et dans les villages de « Daqadous à Mit Ghamr, Ezbet El-Nahda, El-Bandara, Kafr El-Dib, Baldam, Abou Sir, 7 Ghabat, El-Chaala et Beni Affan », et de nombreux projets de dessalement de l'eau ont été réalisés, en plus des nouvelles communautés et villes dotées des équipements de base selon les normes internationales, construites dans l'ensemble des gouvernorats de la République. Ces projets peuvent être consultés sur le site de la Carte des projets de l'Égypte, accessible à tous sur internet. À cette occasion, il pourrait être jugé opportun de réexaminer la construction de toilettes publiques dans les villes, les quartiers et les rues, du plus haut niveau de qualité et d'efficacité, pour satisfaire ses besoins naturels — non seulement pour les personnes âgées, les diabétiques, les hypertendus ou les enfants, mais pour le grand public, en tant que droit — au lieu de la menace de l'article 278 du Code pénal, qui permet l'emprisonnement ou l'amende pour quiconque commet un acte impudique portant atteinte à la pudeur. La construction de toilettes payantes à un tarif fixe est un système en vigueur dans la plupart des pays civilisés du monde, qui existait autrefois dans diverses villes égyptiennes ; la différence tenait au soin et à l'attention portés à la propreté. On peut construire des toilettes sous forme de bâtiments équipés et raccordés aux réseaux publics, et non de cabines mobiles, pour résoudre les problèmes de transport des déjections, et en confier la gestion par appel d'offres à des sociétés privées afin de préserver l'efficacité et la propreté ; on pourrait recourir à une carte prépayée ou à des jetons en plastique pour surmonter le problème de la monnaie en Égypte, avec la possibilité d'organiser un concours pour choisir le meilleur design et le meilleur système de suivi et d'évaluation, afin de garantir que l'État ne supporte aucune dépense tout en percevant la valeur de l'usufruit du terrain ainsi que la taxe sur la valeur ajoutée.
