La décadence morale par le cinéma… jusqu’où ?

Dr Bahaa Helmy écrit :
Le film (Wahdana) traite de la notion de cohabitation, c’est-à-dire d’une relation amoureuse entre un jeune homme et une jeune femme en dehors du mariage officiel dans la société égyptienne, et cette idée est présentée avec beaucoup de romantisme et de sympathie, ce qui peut faire croire aux jeunes qu’elle constitue une alternative naturelle à la vie conjugale.
Cette promotion, même si elle se présente en apparence comme une liberté personnelle ou une rébellion contre les usages, porte en elle une véritable menace et une destruction des valeurs religieuses et sociales fondamentales sur lesquelles repose la société, comme le respect du caractère sacré du mariage et l’engagement moral envers l’autre.
Peut-être entendrons-nous bientôt que le film a remporté des prix, puisqu’il va dans le sens de la pensée des monstres d’Internet, qui ont fait du chaos moral et religieux la vraie liberté, comme ils l’ont montré aux Jeux olympiques de Paris.
Certains voient dans le cinéma l’un des plus puissants outils d’influence culturelle, en raison des valeurs et des principes qu’il reflète et propose à la conscience de la société et aux comportements de ses membres. Et estiment que de tels films promeuvent et vendent l’idée que la liberté individuelle dispense des obligations sociales, morales et religieuses, et que le film reflète peut-être la décadence morale qui commence à gagner les profondeurs de la société.
D’autres estiment que nous faisons face à de nombreux problèmes liés à l’équilibre entre la liberté individuelle et le respect des croyances religieuses et de la morale sociale, à une époque où s’accélèrent les changements culturels et les messages contradictoires tels que (la liberté sexuelle et la cohabitation) présentés comme des modèles modernes d’expression de soi, avec la domination de la technologie et l’absence de limites, alors que les valeurs religieuses et sociales sont parfois présentées dans un moule rigide, incapable de développer un discours critique culturel et religieux appelant à l’équilibre entre la liberté de création et la préservation de l’identité morale de la société.
D’autres encore soulignent l’importance d’encourager le cinéma et le rôle de la culture et du théâtre pour produire des œuvres porteuses de messages positifs qui renforcent la morale publique, au lieu des films de brutalité, de drogue et de vengeance, et d’adopter un discours nouveau, conscient et ouvert pour débattre des problèmes et des idées qui franchissent toutes les barrières naturelles et artificielles pour atteindre nos enfants, compte tenu de la dégradation du niveau culturel et éducatif d’une large partie de la société.
Une autre tendance considère que les monstres d’Internet sont le plus grand démon, et que nous négligeons la construction de l’être humain, à commencer par les jeunes et les enfants, leur éducation, leur éveil et leur sensibilisation, par rapport à l’attention portée à la construction et à l’édification des tours les plus grandes, les plus longues et les plus hautes ; il faut s’occuper des deux voies à la fois.
Il y a beaucoup de visions et d’opinions.. Comment bâtir un réceptacle critique dans un monde instable ? Comment proposer un discours contemporain qui mêle identité nationale, liberté personnelle et ouverture au monde ? Comment former une génération capable de distinguer les faits de l’illusion, et la construction de la destruction... À suivre
