La mendicité des enfants… problèmes et solutions

Dr Bahaa Helmy écrit :
Le phénomène de la mendicité s’aggrave dans les rues et les lieux publics, autour des sites touristiques et archéologiques, devant les centres commerciaux et les magasins et sur les différentes routes, et il s’accentue lors des occasions et des fêtes.
Ceux qui pratiquent la mendicité appartiennent généralement à certaines catégories, comme les personnes âgées, les enfants ou des personnes portant des nourrissons.
Les enfants mendient souvent pour le compte de personnes ou de réseaux formant des bandes organisées qui déploient et exploitent des enfants dans la mendicité à des fins lucratives, soit en accord avec les familles des enfants, en profitant de leurs conditions de vie et de leur pauvreté moyennant un salaire journalier, soit en ayant recours à des enfants disparus ou enlevés à leurs familles.
Les méthodes de mendicité des enfants varient : solliciter l’émotion en demandant de quoi manger et en implorant la pitié, vendre des mouchoirs en papier, des masques, des bouteilles d’eau, des jouets et d’autres marchandises simples, ou rendre des services symboliques comme le nettoyage des voitures, sans compter les activités des mendiants professionnels.
Les manifestations de la mendicité professionnelle consistent à fabriquer des infirmités, comme l’amputation d’une jambe, d’un pied ou d’une main, ou toute autre infirmité ; ils travaillent de manière organisée sous la direction et le contrôle d’un chef responsable qui fixe leurs tâches, leurs rôles et leur secteur géographique, et leur assure une protection dans les zones d’influence définies, en coordination avec les chefs de la mendicité des zones voisines.
La mendicité professionnelle est l’une des formes les plus dangereuses de mendicité, car elle constitue pour les enfants une porte d’entrée vers la criminalité et la violence comme métier.
Quant aux causes de la mendicité, elles sont nombreuses : la pauvreté ; le besoin de satisfaire des désirs et des besoins personnels avec peu de moyens ; la cherté de la vie ; la dépendance au tabac ou à la drogue ; le décès du soutien de famille ; la désagrégation familiale en cas de divorce, les enfants étant laissés sans aucun soutien ; le refus d’étudier ; le chômage ; une éducation dans un milieu criminel et la délinquance précoce ; les crises psychologiques et nerveuses ; l’absence de modèles parmi les enfants ; le manque d’attention aux personnes ayant des capacités particulières..
La mendicité est l’un des phénomènes sociaux complexes et imbriqués des différentes sociétés, qui nuit à la fois au mendiant et à la société.
Elle porte atteinte à la dignité humaine des mendiants (garçons et filles) et leur donne un sentiment d’infériorité et d’avilissement ; le mendiant perd en outre la capacité de se construire une personnalité ou de travailler et produire pour vivre de manière positive, en raison des humiliations qu’il subit en mendiant, sans compter la facilité avec laquelle ils sont entraînés vers le crime, l’exploitation sexuelle, la délinquance violente et le terrorisme.
Elle entraîne aussi une hausse de la criminalité dans la société, donne une image négative de l’Égypte et de son peuple aux touristes venus des pays du monde et à leurs pays, sans parler de ses effets négatifs sur la production, l’économie, la stabilité et la sécurité nationale du pays.
L’aggravation de ce phénomène révèle : l’insuffisance des peines prévues par la loi, amende ou emprisonnement ; une certaine sympathie d’une partie des citoyens pour les mendiants, qui contribue à son extension et affecte les efforts de la police pour y faire face ; l’incapacité à coordonner et à harmoniser les efforts du ministère de la Solidarité et des services chargés de l’application de la loi pour traiter le problème ; le mauvais état des foyers d’accueil pour enfants et mineurs et la faiblesse des moyens de leur réadaptation psychologique ; et le recul du rôle des organisations de la société civile, qui devraient porter la plus grande part de la lutte contre la mendicité.
Nous pensons que la solution consiste à remédier aux carences mentionnées, et qu’il importe en outre de créer une base de données de chaque adulte ou enfant interpellé, en conservant ses empreintes digitales et faciales afin de les comparer aux données des personnes disparues et enlevées.
- Coordonner les efforts des ministères de la Solidarité sociale, de la Jeunesse et des Sports et de la Santé et du Conseil national pour l’enfance et la maternité afin d’élaborer un plan scientifique de formation, de réadaptation et de traitement des enfants mendiants dans les centres de jeunesse, en leur enseignant des métiers adaptés à leur âge et à leurs capacités, et évaluer les résultats de l’initiative Enfants sans abri et de l’Unité de protection de l’enfance.
- Redéfinir le rôle des médias dans la sensibilisation au danger de la mendicité des enfants pour la société, et inciter la société civile à s’engager efficacement dans la lutte contre ce phénomène.
- Durcir les peines contre ceux qui exploitent les enfants.
