La transformation numérique en Égypte.. entre ambitions et défis Emad

Le monde connaît une accélération sans précédent vers la numérisation. La technologie n’est plus un simple outil d’appoint ; elle est devenue le fondement de la gestion des affaires, des services et de la vie quotidienne. L’Égypte, comme d’autres pays, a annoncé il y a des années son ambitieux projet de transformation numérique et lancé de nombreuses initiatives et plateformes électroniques sous l’égide de « l’Égypte numérique (pour rattraper notre retard depuis 1981 dans le rattachement de toutes les informations de chaque citoyen à son numéro national d’identité). Toutefois, la réalité montre que cette transformation, malgré son importance, se heurte à des défis qu’il faut reconnaître et s’employer à surmonter ; l’expérience de certains investisseurs, par exemple, montre que les formalités de création d’entreprise, qui se faisaient sur papier en trois jours à l’Autorité de l’investissement au Caire, prennent désormais trente jours en ligne, ce qui traduit un écart entre l’objectif affiché – la simplification et la rapidité – et le résultat réel. Les infrastructures d’Internet et des communications ont aussi besoin d’un développement plus profond, d’autant que la faiblesse des réseaux et la lenteur du service dans de nombreuses régions bloquent les opérations des particuliers, des justiciables, des investisseurs et des banques. (Et l’on entend la phrase « le système est en panne ».) La formation et la qualification du personnel travaillant sur les systèmes électroniques ne sont pas moins importantes. Faute d’une formation suffisante, les plateformes numériques deviennent une charge au lieu d’un moyen de simplification. Le plus grand défi est peut-être la nécessité de transparence et de réalisme dans l’évaluation de ce qui a réellement été accompli jusqu’ici sur le terrain, de sorte que la réussite se mesure non au nombre de plateformes annoncées mais à la facilité et à l’efficacité du service obtenu par le citoyen ou l’investisseur. La question se pose alors : le gouvernement a-t-il réellement examiné l’efficacité des réseaux et d’Internet et les outils nécessaires avant de lancer de nouvelles plateformes ? Nous savons que c’est un noble objectif longtemps différé, mais le ministère des Communications annoncera-t-il et dévoilera-t-il ses capacités réelles sur le terrain ? Au lieu que le responsable dise « tout va bien, monsieur ». Je pense que le gouvernement est responsable du suivi pour atteindre ses objectifs : offrir au citoyen le service le plus rapide et le meilleur, sûr et fiable. Il faut donc veiller à :
- Développer les infrastructures de communications et d’Internet de manière continue et progressive, en donnant la priorité aux zones mal desservies. Nous connaissons le coût et les efforts déployés, mais ils ne suffisent pas.
- Simplifier de nouveau les procédures des services électroniques pour réduire le temps et les efforts, avec un examen périodique des systèmes existants.
- Élargir les programmes de formation des employés et les lier aux primes et aux promotions, afin de garantir que l’élément humain est prêt pour la transformation numérique.
- Ouvrir le champ au secteur privé et aux jeunes pousses pour qu’ils proposent des solutions innovantes qui accélèrent la numérisation.
- Publier des indicateurs de performance transparents montrant à l’opinion publique l’ampleur des réalisations et les lacunes, ce qui renforce la confiance et garantit une participation plus large de la société. La transformation numérique n’est plus un choix mais une nécessité inéluctable pour attirer les investissements, améliorer les services publics et simplifier la vie du citoyen. L’Égypte dispose des capacités humaines et scientifiques qui la qualifient pour réussir, mais la réussite ne sera complète que par une confrontation franche et honnête des défis et un travail sérieux pour les surmonter, dans un esprit de réalisme et de responsabilité.
