Les droits des réfugiés en Occident

Dr Bahaa Helmy écrit :
Les réfugiés qui vivent dans des camps aux frontières européennes ou à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, en particulier les enfants, connaissent des conditions de vie extrêmement dures.
Ils sont dépourvus de moyens de protection contre les intempéries et les catastrophes naturelles, ou contre les dangers et les incendies, comme l’incendie dévastateur qui a ravagé le camp de réfugiés de Moria sur l’île grecque de Lesbos, située à environ 8 kilomètres du territoire turc.
Les réfugiés ont dormi dans les rues et sur les terrains entourant le camp détruit, dans un état misérable, tandis que se poursuivaient le désaccord et la polémique entre les pays de l’Union européenne sur la question de savoir qui devait les accueillir.
D’autres ont utilisé les réfugiés comme une marchandise et un instrument de terreur, comme l’a fait la Turquie avec ses voisins de l’Union européenne, ou en envoyant de nombreux réfugiés en Libye comme mercenaires, en exploitant leurs besoins et ceux de leurs familles.
Les réfugiés sont dépourvus de moyens de protection face à la pandémie de coronavirus, sans compter les mauvais traitements infligés par les autorités de certains pays européens, ou à l’intérieur d’autres pays parmi ceux qui les ont laissés entrer.
Bafouer la dignité des réfugiés est contraire à tous les principes et valeurs humanitaires, moraux et juridiques consacrés par les conventions internationales, qu’il s’agisse du domaine des réfugiés et des migrations ou des instruments relatifs aux droits de l’homme, en vertu desquels les pays occidentaux se sont engagés à accorder aux réfugiés une prise en charge comparable à celle de leurs propres ressortissants, à respecter leur liberté de pratiquer leur culte et à garantir leurs droits et libertés ; ce sont les mêmes principes et valeurs que les pays occidentaux proclament sur la scène internationale depuis de longues années.
En vérité, les réfugiés vivent aux frontières européennes et américaines la plus grande tragédie humaine de l’histoire contemporaine, et les valeurs et principes des droits de l’homme et des libertés n’y apportent aucune consolation.
La preuve en est dans les appels répétés des organisations internationales aux pays occidentaux, comme le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, à protéger et aider les réfugiés, et dans ceux d’Amnesty International, qui demande que les réfugiés jouissent des droits de l’homme, que la responsabilité soit partagée et que nul ne soit contraint de retourner dans un pays où il a été exposé au danger et à des violations des droits de l’homme.
Ainsi que dans les mises en garde de l’Organisation mondiale de la santé et de diverses associations et instances internationales contre les risques d’exposition des réfugiés et des migrants en Europe à l’épidémie meurtrière de coronavirus.
À quoi s’ajoute l’appel lancé par les Nations unies à l’Union européenne à la mi-février dernier pour mettre fin aux violences contre les migrants et les réfugiés.
Mais que l’Occident s’empare sans aucune gêne du discours sur les droits de l’homme et les libertés dans les autres pays est étonnant ; le Parlement européen et la nouvelle administration américaine (les démocrates) tentent de braquer les projecteurs sur les droits de l’homme en Égypte, en exprimant leur inquiétude face à des violations des principes et des valeurs auxquels ils croient.
Ce qui amène à se demander : de quelles valeurs parlent-ils ? Les désaccords entre les pays de l’Union européenne au sujet des réfugiés et la suspension de l’application de l’accord de Dublin sur la répartition des réfugiés n’ont-ils pas suscité les craintes et l’inquiétude de l’Occident ?
Les effets négatifs du mépris de l’Occident pour la dignité des réfugiés, leurs répercussions sur la sécurité et l’ordre européens et sur la confiance et les convictions de la population européenne dans les valeurs de la démocratie et de la liberté et les principes des droits de l’homme au sein de l’Union européenne, n’ont-ils pas suscité leur inquiétude ?
Le succès de l’Égypte à sauver et protéger les institutions de l’État et à faire échouer l’ancienne administration américaine – sous la présidence de Hussein Obama – dans ses efforts pour mettre en œuvre les plans du chaos créateur, ainsi que les détails du complot américain et l’ampleur du soutien financier aux Frères musulmans, qui ont échoué à gérer le pays, révélés par l’ancien président américain Trump, n’ont-ils pas suscité les craintes et l’inquiétude de l’Occident ? Ils ne tirent pas les leçons du passé.
Nous sommes vraiment très inquiets au sujet de la prise en charge des réfugiés et de leurs droits et libertés consacrés dans le monde occidental ? Et notre inquiétude grandit devant l’incapacité du Parlement européen à régler les désaccords entre les pays européens au sujet des problèmes des réfugiés aux frontières.
